| Le Néron |
La crête de ce sommet, peu élevé (1298 m) mais spectaculaire, forme une étrave acérée qui se dresse vers le nord. Elle est constituée par un "volet" d'Urgonien appartenant au flanc oriental d'un "synclinal perché", dont le fond plonge nettement vers la cluse de l'Isère. L'Urgonien du flanc occidental de ce "synclinal du Néron" (qui est le pli le plus occidental de l'ensemble chevauchant de la Chartreuse orientale) a été pratiquement complètement enlevé par l'érosion et la charnière du pli ne se voit guère qu'aux deux extrémités, nord et sud, de la crête.
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La vue montre le synclinal du Néron d'enfilade, à peu près selon la direction de son plan axial. Le fond de ce synclinal longe le bord supérieur de la barrière de falaises de gauche. L'arête de la montagne est un typique crêt découpé dans le flanc oriental de ce synclinal. Ce pli est tranché par le bord de la Cluse de l'Isère (qui en donne une coupe naturelle) à la Buisseratte. Au fond à gauche s'ouvre le vallon de Proveysieux, encadré par les Rochers de Chalves et la Pinéa. C'est un val aménagé dans le synclinal de Proveysieux par le ruisseau de Tenaison. |

Cet accident fait reposer les calcaires du Fontanil du Néron sur des affleurements de Sénonien verticaux ou renversés et même, au Muret sur un affleurement d'Urgonien qui s'intercale le long de la surface de chevauchement : ces affleurements représentent le flanc est du synclinal de Proveysieux, rebroussé sous le chevauchement.
image sensible au survol et au clic

Le Néron (versant ouest), dominant Saint-Égrève
vu du nord-ouest, depuis le sommet de la Buffe (Vercors)
s.P = synclinal de Proveysieux ; c.CO = chevauchement de la Chartreuse orientale. Le plongement vers
la droite (sud) de tous les accidents tectoniques est très
évident. Il s'atténue fortement, au moins en ce
qui concerne le synclinal du Néron, à partir de
l'aplomb du Muret. C'est là que passe le trans-synclinal
de Saint-Nizier (s.SN, dont l'orientation est perpendiculaire
au cours de l'Isère. Il traverse le synclinal du Néron
sous un angle de l'ordre de 30°, à l'emplacement repéré
par une astérisque émeraude.
Il est intéressant de comparer le cliché ci-dessus
avec le précédent, pour apprécier la progression
de l'urbanisation en 30 ans ...
On pourra également voir les effets sur le couvert végétal
de l'incendie lié à la canicule de l'été
2003 en chargeant un autre
cliché, pris des Engenières
(route de Saint-Nizier) en 2004.
1 - Dans l'Urgonien du sommet se dessine un repli anticlinal mineur qui s'amortit vers le haut de la succession. Cette ondulation "en genou" se dessine également, de façon d'ailleurs plus ample, dans les calcaires du Fontanil du versant boisé qui descend vers la Vence (on le voit bien aux variations du pendage des couches le long du chemin qui mène au fort des Batteries).
Tout indique que ce mouvement anticlinal est le même que celui que l'on observe dans le flanc ouest de l'Aiguille de Quaix. Il est envisageable que son enchaînement avec la charnière synclinale du Néron corresponde à un pli de rampe* lié au sectionnement du Tithonique par le chevauchement de la Chartreuse orientale (voir la coupe ci-après).

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(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°) |
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